avril 15, 2026

Montessori dans un campement : une école là où personne ne l’attendait

À N’Guessankro, au cœur des plantations de cacao, l’école n’a longtemps été qu’une idée lointaine.

Situé à 4 km du village de Diankro, dans la région de Divo, le campement est difficile d’accès : plus de 17 km de piste depuis la route principale. Ici, les enfants grandissent au rythme des champs. Pendant des années, aller à l’école relevait de l’impossible.

Et pourtant.

Depuis septembre 2025, une école existe.

Une école née sous un manguier

Avant les murs, il y a eu une conviction.

Dès avril 2025, les premiers enfants sont accueillis… sous un manguier. Les éducateurs, recrutés au sein même de la communauté, commencent à poser les bases d’un environnement Montessori, avec les moyens disponibles.

Le 15 septembre 2025, le projet prend officiellement forme.

Aujourd’hui, l’école accueille 65 enfants :

Une équipe locale engagée accompagne cette dynamique :

Une collaboration au service du terrain

À l’origine du projet, une demande simple :
des acteurs locaux se tournent vers Ivory Montessori School (IMS) pour les aider à créer une école.

De cette rencontre naît EPAM (Ensemble Pour un Avenir Meilleur), une structure dédiée à porter ce projet éducatif et social.

Depuis Abidjan, les équipes d’IMS s’engagent pleinement, sur base volontaire :

Un accompagnement de terrain, concret, exigeant, et profondément humain.

Montessori, même ici

Mettre en place la pédagogie Montessori dans un campement isolé peut sembler ambitieux. Et pourtant, les résultats sont là.

Dans les classes :

Chez les plus grands, les premiers apprentissages en lecture émergent.
Et avec eux, une grande fierté : celle de pouvoir s’exprimer en français. Dans un environnement où tout était à construire, les enfants révèlent une capacité d’apprentissage remarquable.

Un début de vie transformé

Pour les plus jeunes, l’impact est tout aussi significatif.

Les bébés, autrefois constamment portés au dos de leurs mères dans les champs, passent désormais quelques heures par jour dans un environnement adapté à leurs besoins.

Les mamans, encore hésitantes à se séparer longtemps de leurs enfants, commencent progressivement à faire confiance.

Ces quelques heures changent déjà tout :

Des histoires qui parlent d’elles-mêmes

Les transformations ne se mesurent pas seulement en chiffres.

Elles se racontent dans des histoires.

Comme celle de Marianna.
Envoyée à Abidjan pour travailler comme nounou, elle a refusé. Elle a demandé à retourner au campement… pour retrouver son école.

Ou encore dans les mots de Chantal, éducatrice 0–3 ans :

« Les enfants étaient immensément heureux.
La communauté a été profondément touchée.
Et dès le lundi, des parents sont venus simplement pour nous dire merci.
La joie se lisait encore sur le visage des enfants. »

Là où l’école n’existait pas, elle devient aujourd’hui un lieu de joie, de fierté et d’appartenance.

Bien plus qu’une école

Ce projet dépasse largement le cadre éducatif.

Il transforme :

Les éducateurs, issus de la communauté, se forment, s’engagent et deviennent des acteurs clés du changement.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, 65 enfants sont accueillis.

Mais aux portes du campement, d’autres attendent.

Des enfants pour qui l’école reste encore inaccessible.

La prochaine étape est claire :
construire un nouvel espace pour accueillir davantage d’enfants.

Une fierté… et une responsabilité

Pour les équipes d’IMS, ce projet est une immense fierté.

Avoir contribué à faire émerger une école là où il n’y en avait aucune, voir une communauté s’approprier un projet éducatif, constater les premiers résultats…

Mais c’est aussi une responsabilité :
celle de continuer, d’accompagner, de développer.

Construire la suite, ensemble

À N’Guessankro, quelque chose a commencé.

Quelque chose de fragile, mais profondément porteur d’avenir.

Et cette histoire ne fait que commencer.